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Re-Découvrir le Vieil Alençon

Re-Découvrir le Vieil Alençon

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Le château d'Alençon, une richesse iconographique insoupçonnée

Le château d'Alençon, une richesse iconographique insoupçonnée

En prélude à la conférence en plein air que j'organise le 24 mars prochain,  je vous propose de découvrir une série de documents iconographiques sur le château d'Alençon, dont certains rarement diffusés.  

Pour commencer, on se met la barre très haut avec cette peinture sur panneau de bois du deuxième quart du XVIIIe siècle, qui ornait une salle de l'Hôtel-Dieu. On y découvre la Tour couronnée, si familière, et le châtelet, mais plus étonnamment, de gauche à droite, la tour du Chevalier, appelée aussi tour Giroye, le châtelet de l’Éperon, qui ouvrait le château sur notre actuelle rue du Collège, et qui comprenait aussi un moulin, ainsi que les ruines de différentes tours et murailles dont le temps a effacé les noms. Au centre, le donjon de plan carré, construit au XIe siècle, exhaussé à la fin du XIVe et finalement détruit à partir de 1781. Pour animer la scène, un Alençonnais à tricorne semble pécher dans la Briante.

A partir de 1637, les Jésuites d'Alençon convoitent des parties du château... une portion du parc... les pierres... pour fonder un nouveau collège. C'est pour répondre à cette série de requêtes faites à Louis XIII que ce plan mêlant perspective et arpentage est réalisé. Actuellement, on estime que c'est le plus ancien document représentant le château (et une partie de la ville close avec les portes de Lancrel et de la Barre). L'intégrité de l'ensemble monumental paraît encore respectée.

D 2, Arch. Dép. Orne.

Cette gravure est extraite du livre Mémoires historiques sur la ville d’Alençon et sur ses seigneurs de Pierre-Joseph Odolant-Desnos (1722-1801), paru en 1787. Elle montre un état antérieur à l'incendie de 1714 qui détruisit le campanile et les décors de faîtage du châtelet. La question qui se pose est de savoir si c'est une vue fabriquée pour la publication ou si la gravure est la reproduction d'une oeuvre du début du XVIIIe siècle. Sachant que la démolition du donjon commence en 1781 et qu'il n'apparaît pas sur ce document, nous penchons vers la première solution.

Mémoires historiques sur la ville d’Alençon et sur ses seigneurs de Pierre-Joseph Odolant-Desnos, 1787.

Avec cette vue, c'est un panorama large de la ville d'Alençon qui est dressé, de la porte de Lancrel, à gauche, à la porte de la Barre, à droite. Le point de vue est probablement à l'arrière du parc du château, à proximité de la rue Candie qui le bordait au nord. 

Poursuivons notre découverte du château d'Alençon avec ce dessin réalisé vers 1770 par Louis-Alexandre de Cessart, ingénieur des ponts et chaussées. En poste à Alençon, chef lieu de la généralité du même nom, de Cessart réalise plusieurs documents nous rendant témoignage de ce monument. Sur ce détail, nous pouvons situer le donjon par rapport à la tour couronnée, en regardant vers l'Est. Pour l'anecdote, de Cessart invente le rouleau compresseur en 1787.

C 242, Arch. Dép. Orne.

John Sell Cotman (1782-1842) est un peintre anglais célèbre, ami de l'illustrissime Turner. Dans les années 1820, il voyage en France. De passage à Alençon, il s'arrête devant notre château pour en réaliser des croquis au lavis. Il les exploite quelques mois plus tard pour une œuvre à l'eau-forte, publiée avec une centaine d'autres dans le recueil Architectural Antiquities of Normandy (Londres, 1822). A cette époque, une grande partie du château est détruite. Il n'en reste guère que 10%.

Le château d'Alençon par John Sell Cotman.

Peu d'information mais une qualité d'exécution exceptionnelle pour cette représentation du château.

Le château, dans la collection Hippolyte Destailleurs (1822-1893). Dessin non signé du 6 octobre 1842, à la mine de plomb et lavis à l'encre de Chine sur papier beige.

Silas Broux, , qui fut élève de Gustave Moreau et conservateur du musée des Beaux-Arts d'Alençon, dessine et peint Alençon tout au long de sa vie. Certains dessins sont édités sous forme de cartes postales. Ici, un fusain depuis la rue du Château.

Fusain de Silas Broux.

 Les cartes postales de la place Foch et des vestiges du château ne manque pas, cependant, la qualité de cette photographie prise pour les Monuments Historiques est d'une définition telle que l'on peut observer les enduits des années 1810 sur la pavillon et les reprises maquillant les arrachements de la courtine sur le flanc de la tour.

Photographie de Camille Enlart (1862-1927).