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Re-Découvrir le Vieil Alençon

Re-Découvrir le Vieil Alençon

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La halle au blé, la dame de verre d'Alençon

La halle au blé, la dame de verre d'Alençon

Remplaçant l'ancienne "halle aulx bleds" de la rue de "l'ancienne mairerie", l'édifice que nous connaissons tous, si emblématique, est décidé en 1803 par le conseil municipal. La construction débute en 1806 et s'achève en 1812. A l'origine, il n'y a pas de coupole. Et heureusement car en 1836 un incendie ravage la halle. Noircie, ruinée, elle est alors surnommée LE COLISÉE D'ALENÇON !

La Halle aux Blés est construite dans le contexte du blocus continental imposé à la France durant le Premier Empire. A la même époque, des statistiques des productions agricoles sont commandées et l'utilisation des sols est rationalisée. L'amélioration de la production doit donc s'accompagner de sites économiques neufs et vastes comme cette halle.

 

 

Sur le cadastre de 1819, on lit un environnement très différent de l'actuel. Plusieurs projets d'urbanisme vont accompagner la construction de la Halle. C'est notamment une rue courbe avec une perspective d'arcades répondant à celle du monument qui est décidée dans les années suivantes. Elle n'est que partiellement réalisée et se trouve dénaturée par la démolition du théâtre.

 

Cadastre d'Alençon. Document 3P2-001/5 Section D, Arch. Dép. Orne.

 

L'architecte départemental Charles Arnoul et l'ingénieur Charles Croquefer étudient en 1865 la conception d'une coupole pour coiffer la cour circulaire. Seize arcs reposent sur autant de colonnes creuses de fonte. Chacune supporte une poussée de 3,5 tonnes. Une telle légèreté a valu à la Halle un autre surnom : la crinoline d'Alençon. 

Les plans de la structure de la Halle aux Blés ont été édités en 1866 dans les Annales de la Construction. En voici des détails dignes d'admiration tant pour la technique que pour l'esthétique.

 

Planche des Annales de la Construction, 1866, détail (Collection particulière).

 

Planche des Annales de la Construction, 1866, détail (Collection particulière).

 

Planche des Annales de la Construction, 1866, détail (Collection particulière).

 

Planche des Annales de la Construction, 1866, détail (Collection particulière).

 

Quand Silas Broux imaginait la Halle comme un véritable grenier à blé... En réalité, le monument était un marché où les ventes entre producteurs et grossistes se faisaient sur le mode des foires. Bien d'autres denrées y étaient vendues aussi. Les arcades étaient occupées par des échoppes temporaires. Les stocks de grains étaient à l'étage, au sec. On voit encore aujourd'hui les portes d'accès en hauteur.

 

 

Ce sont les Prussiens qui inaugurent fin 1815 la Halle aux Blés en tant que caserne. Ils y reviennent en 1871. Le monument se prêtant à cet usage, dans les années 1890-1900, des troupes de réservistes de l'armée française qui y sont cantonnées chaque été. Cette photographie a été plusieurs fois éditée comme carte postale.

 

 

A nouveau les réservistes des années 1900. Cette fois la prise de vue permet d'apprécier le rythme classique des arcs et la stéréotomie.

 

 

1916, l'édifice est toujours dévolu aux militaires. Ce dessin de Fleurel représente l'étage de la Halle aux Blés aménagé en hôpital militaire de l'Arrière :

 

 

L'après-guerre 1870-1871 correspond aussi à un changement dans les pratiques agricoles. Les machines à vapeur changent la production mais aussi les moyens d'échange. Les foires aux grains déclinant, il faut trouver d'autres usages à la Halle aux Blés. L'étage sert à plusieurs reprises de salle d'exposition. Ce document est le souvenir d'une manifestation artistique en 1910.

 

 

L'Art et la Halle aux Blés, c'est une tradition qui se poursuit de nos jours, comme vous le savez, avec par exemple, le festival Art sur le Fil organisé par l'artiste Franck Hucher. 

 

Art sur le Fil 2019 : une oeuvre de Duong Le Thaî devant l'une des baies donnant sous la coupole (Photo : Jean-David Desforges)